Médine ne chantera pas dans la salle sanglante.

 

22 septembre 2018

C'est fait! Médine ne chantera pas dans la salle sanglante. La dignité l'emporte sur le fond. La mobilisation de l'extrême droite a payé ,puisque médiatiquement, elle est toujours suivie par des médias friands d'informations radicales. En réduisant l'ensemble des mobilisations , à l'extrême droite ,ce petit prisme passe sous silence les multiples actions mises en œuvre pour dénoncer la venue de Médine , porteur de voix de l'islamisme, dans l'abattoir islamiste que fut le bataclan.

L'essentiel est fait. Médine est recalé.

Mais? Médine est il démasqué pour autant? Non, l'extrême droite ayant fait le job, le fond n'a pas été exposé à grande échelle. Trop sulfureux pour le citoyen lambda.

Mais? L'extrême droite était elle seul a dénoncer Médine ? Non ,parce exemple une pétition portée par un élu EELV à porté plus de 9000 voix, sans compter les enquêtes profondes sur les positions de Médine, les mobilisations citoyennes devant le bataclan, les courriers aux ministres , aux préfets.

Pour autant est ce une victoire ? Oui sans aucun doute, puisque ce qui était demandé est maintenant garanti. Médine ne chantera pas au Bataclan.

Toutefois en creux, ce n'est pas très glorieux.
- c'est Médine qui sort par le haut de cette affaire. Il a la possibilité de faire ce que font toujours les figures de son acabit. Se victimiser. C'est un moyen sûr de se faire connaître, de recruter des groupies, et de ventiler les idées merdiques exposées dans ces textes.
- il va ainsi passer de 2 x 1500 billets à 9000 personnes grâce à cette page de pub nationale. Inespéré.
Mais il fallait que cette salle soit libérée de ce chanteur. C'est une demie-victoire. C'est le résultat de la mobilisation de l'extrême droite.

Coté citoyen républicain, c'est une victoire. Médine ne chantera pas au Bataclan. Mais, là où l'état était mis devant ses responsabilités, celle du trouble à l'ordre public, à pouvoir sanctionner l'affront fait à la nation, à ses morts, à la violence de texte contre sa société, l'état a failli.
Par son irrésponsabilite, il a refusé de faire interdire dans l'oeuf, cette cérémonie de rap, au sein d'une salle qui portera à jamais le sceau du terrorisme. Il a tourné le dos à ceux qui lui demandait de la dignité en souvenir des 90 sacrifiés. Il a laissé s'installer les graines de la division, en conscience. Il a fait perdurer la longue tradition du déni qui a permis le développement de cette idéologie mortifère qu'est l'islamisme.

C'est Médine qui annule son concert. Qui prend la poudre d'escampette, en collant une honte absolue à ce gouvernement. Renvoyant, l'état à un corps mou sans volonté politique. Un état dépassé qui vit dans la peur de l'ombre des idéologies les plus extrême, incapable de montrer les dents pour simplement faire respecter un cimetière. Le pire serait que cette sortie de crise , signée Médine, soit en fait instrumentalisée par le ministère de l'intérieur. Je n'ose y croire. Mais devant tant d'occasions ratées d'éclaicir sa position sur les morts du Bataclan, c'est une possibilité qui reste en suspend. Coté citoyen républicain, c'est sans aucun doute une victoire. Mais une victoire amère et dangereuse. L'état prête le flanc pour le confort politique de son gouvernement.

Le Bataclan conserve donc la dignité nécessaire à son histoire. La sacro-sainte liberté d'expression, est sauvée. La République n est plus responsable d' éventuels risques de troubles à l'ordre public. Mais les idéologies ont gagné.
Le champagne peut quelques fois être aigre!

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