13 novembre 2018: Un chrysanthème parmi les bleuets.

13 novembre 2018

3 ans.

Trois longues années de résilience.                                                                                                                                                                On a tous éprouvé le malaise de se dire qu'on n'y était pas, qu'on aurait pu être là.                                                                                     

On a tous pensé à ce qu'on aurait fait, ou pas fait.                                                                                                                                      C'est l'objet des commémorations personnelles, des pèlerinages mémoriaux, sur les lieux, ou à distance. C'est l'essence du souvenir avec un point de départ partagé avec 60 millions de concitoyens, avec un horaire commun, des images communes...

Cette année, l'État offre une couronne de fleurs pour le prix du sang, le prix du déni qui a conduit à cette tuerie. Une couronne partagée avec la ville de Paris. Et quelques mots, en hommage. Une fleur parmi les hommages du centenaire de la fin de la guerre.

Un chrysanthème parmi les bleuets.

 On pourrait attendre des autorités françaises, de nos dirigeants élus, un semblant de compassion pour cette blessure nationale. Ce crime d'humain qui emporta tant de vitalité, au point de devenir un crime contre l'humanité. L'État actuel tourne le dos à cet héritage funeste, n'étant pas aux affaires il y a trois ans, sans doute.

On constatera le manque de résonnance politique du gouvernement face à ces événements passés comme si un poisson rouge avait fait un tour de bocal. Ça serait naturel si les évènements actuels ne nous poussaient pas à la réflexion sur les conditions de cet abandon mémoriel.

Effectivement, l'État ne peut pas blesser les responsables musulmans qu'il tente de reconnaître malgré la loi de 1905, qu'il tente de fidéliser et d'unifier pour remettre l'islam à sa place. Ne blessons pas des gens en amalgamant terrorisme et islam ! Ne risquons pas de bloquer des négociations avec des gens que ce gouvernement voit représentatifs dans la société.

On ne peut pas non plus commémorer les morts de ce massacre islamiste alors même qu'on invite Erdogan le Frére musulman, pas islamiste si on écoute les médias français. Erdogan accueilli pas ses "Frères loups gris", les nationalistes turcs, dans une marche triomphale au cœur de Paris, parmi sa meute. Erdogan qui fait le signe de la Rabia, le signe de reconnaissance des "Loups Gris" sur le territoire de la République. Erdogan qui rejoue l'histoire turque du génocide arménien pendant la première guerre mondiale, mais cette fois-ci avec les kurdes et avec les honneurs d'une visite pour la paix en France.

On ne peut non plus commémorer les morts de ce massacre au nom de l'islam le plus rigoriste, alors même que Marwan Muhammad tente de légitimer le salafisme, le frérisme, dans une complainte à destination de la République. Marwan comptabilise les votes artificiels futurs pour les comptes de la LREM en amalgamant les pires courants islamistes, avec l'islam réputé républicain des citoyens déistes musulmans. Marwan qui fait le secrétariat de Tarek Oubrou, futur ordonnateur des fatwas de l'islam de France.

On ne peut non plus commémorer les morts de ce massacre djiadiste alors que cela profite aux Frères musulmans, au risque de discréditer Yassine Bellatar, conseiller présidentiel, qui affirme que cette année il n'est pas nécessaire de commémorer les attentats. Ça pourrait gêner l'accession d'Oubrou, le frère musulman, au poste suprème de commandeur des croyants de France. Ça pourrait gêner la défense de frère Tariq Ramadan, le dandy du "cul-te", petit fils du fondateur de l'ordre des Frères Musulmans, en prison sur décisions des hommes, pour un crime légitimé par dieu.

Sauf que ça , tout ça, se cache derrière le déni de façade de cette mandature. Même ceux qui pleurent aujourd'hui ou seront émus ce soir à 21 heures, ne se doutent pas du crime à venir. Celui de la mort certaine de la liberté de conscience. Parce qu'en analysant les attentats du 13 novembre 2015, c est justement cette liberté ultime qu'on a fragilisée, qu'on a tenté de faire mourir, tout comme les attentats de Charlie Hebdo, comme tout les attentats perpétrés au nom de l'islam, ici ou ailleurs. Le crime à venir, c'est de légaliser, légitimer, rendre opératif et représentatif ce qui a conduit à la mort de centaines de personnes, qui a détruit la vie des survivants. La chappe de plomb imposée sur les tractations avec les courants les plus rigides de l'islam sociétal est le symbole du viol de nos consciences. Ce sont nos morts qui le disent et la "presque non-commémoration" 2018 de ce 13 novembre 2015, qui le valide.

Pour Mémoire

 

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