Bienvenue dans l'ére identitaire!


Voilà. Nous y sommes. Nous voici entrés dans l'ère identitaire. Il aura suffit de 40 années pour renverser la vapeur de ce qui fut le plus formidable progrès de la France. Un progrès sur le confort de l'homme et d'une vision français
e de l'homme.

Avoir rembarré une définition de l'identité, basée sur une pensée religieuse et une adhésion moutonnière à une culture historique de 1400 ans, en offrant la meilleure alternative qui soit à un pays, voilà le progrès accomplit.

En se définissant Homme, et non plus Dieu, après une longue lutte des esprits, la France a fait le choix d'être le progrès de l'humanité entière. En laissant le choix des consciences, au plus simple citoyen comme au plus lettré, au plus pauvre comme au plus riche, une communauté nationale a remplacé le troupeau de Dieu, pour ne favoriser que la société libre et progressiste en devenir que la loi de 1905 a actée comme un principe supérieur à la constitution de la nation.

Certes il y eu des écueils tant les biais acquis par l'histoire furent prégnants. Mais d'une manière générale, en n'indexant pas la liberté sur l'autel de croyance, la société s'est défaite de l'emprise séculaire de cultes en proclamant le sécularisme. La laïcité.
Cette transformation a permis de se concentrer sur une mutation humaniste de fond et la création d'une communauté nationale, libre de penser, d'évoluer dans une culture diversifiée, par une intelligence sociale, et vers le bien commun.

A chaque crise historique, un repli vers une identité, vers des valeurs contrariées par le progrès a lieu. Un réflexe archaïque qui pousse à replonger la société vers un contre-pouvoir à l'État, comme vers une bouée de sauvetage. Une peur contre nature, une peur contre la liberté, une peur contre la société elle même, une peur contre la conscience. Une contre-culture de l'histoire contre le progrès.
Une réaction identitaire en opposition à la marche du progrès.

Depuis 30 années, la communauté nationale héritée de la révolution est fragilisée, lentement, et se fracture en groupes distincts. De revendications cultuelles en acceptations identitaires par les services de l'État, localement et avec la bénédiction politique des divers gouvernements, on a laissé des identités devenir le terreau de la sédition et de la partition de la communauté nationale. En pratiquant ainsi, nous avons cédé des parts de notre liberté intégrale; celles des consciences.

Sous couvert de libertés communautaires, nous avons limité une liberté réputée inaliénable, celle de nos croyances, celle de nos consciences, de notre liberté d'avoir un avis personnel basé sur notre éducation, ou sur notre savoir acquis.
Il est des crises économiques, militaires, sociales, que justement l'opinion résultant de nos savoirs libres, nous ont permis de résoudre, de supporter. Souvent en ouvrant la porte vers des progrès durable.

La partition de population, dans la communauté nationale est une crise. Une crise particulière puisqu'elle est diffuse et hétérogène sur le territoire. Nous ne sommes pas tous touchés pareillement dans nos vies quotidiennes. Mais c'est une crise de l'Homme et de sa nature profonde. Se reconnaitre par son identité, dans un clan tribal est l'apanage de l'Homme et c'est justement le sens de la nation, de l'effort commun pour appartenir communément à l'autre qui est mis en danger en provocant une crise identitaire.

Mais cette crise identitaire est double. Face à cette communautarisation par l'islam, depuis tant d'années, sans que jamais la République n'ait opposé fermement le fondement même de la liberté de conscience, sans que jamais la nation n'ait opposé le principe de laïcité à la sédition rampante en son sein, c'est la société qui cherche une réponse identitaire en réaction.

Nous y sommes ! Ayant conservé le feu du monde ancien, dominé par une pensée chrétienne, la réaction revancharde, évincée sur l'autel du progrès de l'homme libéré de dieu, active le réflexe identitaire. Un réflexe essentialiste fait de culture chrétienne, de rhétorique guerrière, violente, héritière des croisades et du contrôle social dogmatique abandonné une première fois à la révolution française. Non liée à un culte franc, c'est un amalgame de valeurs indéfinies, qui, quoi qu'il en soit, s'oppose fermement aux principes républicains et qui prépare à une moralisation chrétienne de la société et à un retour dogmatique de l'église romaine.

Il y a encore 20 ans, dire cela aurait tenu du fantasme pur, du gauchisme le plus aérien. Et pourtant chaque jour qui passe, nous rapproche inéluctablement d'une confrontation identitaire. Ce mouvement est par ailleurs accéléré par la sociale - démocratie européenne, nouvelle sur-identité qui renvoie l'identité de la communauté nationale française à une sous culture continentale. Là où la France a fait le chemin du sécularisme, l'ensemble de la communauté européenne a conservé les bases chrétiennes de son histoire et les biais sociaux communautaristes gérés par des états acteurs des cultes en place.

La France qui faisait figure de progressisme, est maintenant seule face à ses partenaires, et la liberté de conscience à la française devient une anomalie que le président Macron se charge de corriger dans un élan européiste indigne. Alors même que les prémices d'une bataille identitaire entre essentialistes sur son sol sont maintenant visibles, on nous demande d'acquérir par la politique, une identité européenne refusée plusieurs fois déjà dans les urnes.
Il s'agit d'une course à l'identité, folle et irraisonnée. Il s'agit de résoudre la crise identitaire française en la dissolvant dans le bain de l'identité européenne, nouvelle valeur supplantant les nations souveraines quel que soit la gestion cultuelle et des consciences de chaque état.

Il est donc plus que nécessaire de renforcer en France la parole républicaine, réaffirmant ainsi le cadre laïque. Son sécularisme particulier définit à lui seul l'identité de sa communauté nationale. La partition est en cours, le communautarisme un fait, les essentialismes sont des doctrines et leur confrontation sera violente et durable. Nous avons dépassé le stade politique des identités. Nos gouvernements n'ont plus la main sur une société pressurée par des théoriciens essentialistes. Le but de ce gouvernement est ailleurs, ce but est supra-national.

C'est donc à nous citoyens, de réaffirmer notre attachement à l'unité nationale, à nos libertés individuelles, de refuser en bloc les identités séditionistes, de dire notre lien avec le sécularisme, de notre envie de progrès humain, libre de dogme, ou d'affiliation à des courants obscurs, de faire savoir à nos élus que la chute de la République et des valeurs communes n'est pas inéluctable, et que nous nous battons pour nos libertés, contre toutes formes de contraintes sociales, sociétales, ici des ennemis du progrès humain. Fussent elles supra-nationales!

Soyons digne des valeurs républicaines, ne devenons pas ce que nous combattons.
C'est l'heure des identités, et la nôtre est commune et partagée sous l'ombre de la laïcité, fondatrice de la République et de l'unité nationale. Restons libres et égaux, la fraternité viendra à son heure.

 

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