Le puzzle anti-laïque.

Le puzzle anti-laïque.

De loin, on sent que la société évolue sur les questions laïques. Que les mots changent, que des mutations s'opèrent. La laïcité, c'est ce truc en plus qui rend la France si particulière. Mais c'est aussi un truc incomparable, une philosophie de vie, garantie par les institutions françaises qui permet à chaque français de se définir par autre chose que la religion ou la croyance.

C'est une philosophie qui permet de faire partie d'un bloc souple, un ensemble de citoyens ayant des conceptions différentes de vie et de pensée. Une huile tiède qui facilite les rapports avec ses concitoyens. Un ciment qui lie chaque individu avec son prochain, en permettant d'amorcer des relations avant tout, sociales. C'est un socle commun de rapports avec l'autre, une convention sociale.

Un "esprit" laïque !

Depuis des années, ont émergées des communautés de pensées aux antipodes de cette logique laïque, républicaine. Le socle commun a commencé à s'effriter au profit d'une logique de communautés de pensée en vase clos. Des sous-groupes sociaux, ont construit des logiques de séparations d'avec la communauté générale de la citoyenneté.

Au nom de l'antiracisme, nous avons laissé proliférer des intentions "tribales". Nous avons laissé reconnaître des particularités à des groupes, des particularités non légales mais que l'ensemble de la société a reconnu comme logique, ou normal. Petit à petit, ces groupes ont organisés une séparation de philosophies de vie différentes de la communauté française.

De la différenciation de "culture" est né un discours qui a conduit à la réintroduction de la croyance et du religieux dans les rapports sociaux. Puis petit à petit au nom des libertés, de la pensée est née la pratique religieuse. Une pratique stricte importée de théocraties rigoristes, ou de confrérie prônant un islam sociétal, capable de se répandre dans toutes les couches de la société de façon souple pour un changement lent et durable de notre façon d'appréhender nos rapports avec l'autre.

Sous couvert d'une victimisation permanente, et caché derrière des accusations de racisme, un mode de pensée a conquis les communautés, en permettant l'émergence de codes différents. Une forme de libéralisation sous contrainte de la parole religieuse pour influer sur les rapports sociaux.

Puis il y a eu l'habit, qui permet de se reconnaître et de faire savoir, à quelle communauté on appartient. A quel courant de pensée, on a fait allégeance.

Puis vient la parole publique, avec la voix de porte-paroles religieux et médiatiques. Cette transformation n'est pas cachée, pas occulte. Elle est en "open- source" depuis des années, sur internet, dans les quartiers, dans les médias, ce changement de société, de façon de penser, de façon de penser est visible pour qui sait assembler les pièces du puzzle anti- laïcité.

Depuis quelques courtes années, le changement s'accélère. Les pièces s'accrochent les unes aux autres, les communautés de pensée ne sont plus une toile hétérogène à l'échelon national. Un élément devient le moteur de l'amalgame de toutes ces pièces entre elles. Le dialogue interreligieux, ou inter convictionnel si l'on préfère ne pas être trop vu. Une conception qui permet d'être supra philosophique et de renvoyer l'esprit laïque dans les poubelles de l'histoire.

Cette convergence a commencé sous l'impulsion d'associations de type Coexister. Un assemblage de jeunes, capable d'oublier le code principal de la France Laïque. Celui de ne pas se définir par son culte pour interagir avec l'ensemble de ses concitoyens. Cette nouvelle forme de communauté, axée sur les convictions religieuses, moderne est jeune n'est pas le fruit du hasard.

Paradoxalement, ce modèle d'organisation est promu par l'état lui-même, depuis la création de l'observatoire de la laïcité. C'est son poids, qui a permis de propulser le modèle coexistant. L'ODL est un organe républicain, rattaché au bureau du premier ministre. Il dépend de Matignon et est donc adoubé par le premier ministre. Chargé d'un rapport annuel, sur les problèmes laïques, afin de prendre la tension d'une société autour des dérives confessionnelles, il ne trouve rien a redire dans la promotion de formes associatives toutes entières focalisées sur la pensée religieuses. Et pour cause !

Alors même que le contrat républicain, qui sépare l'Etat de toute forme de cultes, impose aux services de l'État une séparation strictes avec les affaires culturelles, mais aussi une neutralité parfaite des agents fonctionnant dans le cadre d'un mandat de la République, voici la boutique censée dénoncer les atteintes à la laïcité, organiser lui-même la promotion de lobbys religieux prenant la forme d'associations coexistences. L'association Coexister, n'est pas le seul modèle de ce genre nouveau. L'association Lallab est une déclinaison de ce modèle.

On jure qu'il ne s'agit pas de quelque chose de religieux, mais de " convictionnel". Tourné vers " le vivre ensemble", la promotion du féminisme musulman, ou la communauté entre convictions, avec entrée dans les écoles grâce au pass de L'ODL, il faut convaincre les plus jeunes, pour accélérer le changement de société. Un prosélytisme médiatique et scolaire protégé par un organe d'état, à la vue de tous en open-source.

Changer la société, mais pour aller vers quoi ? On comprend bien que la République et la laïcité sont les cadets des soucis de ces boutiquiers des âmes. Sur le fond pas de problème à ce que des communautés religieuses existent. Mais la forme pose un problème. Ici c'est l'État qui tient la porte des écoles, par l'action de L'ODL, qui organise même des réunions de croyants de ses bureaux.

Coexister ayant perdu le statut d'utilité publique, il a fallu trouver des financements. Comme l'association s'inscrit dans un modèle international de dialogues inter convictionnels, et que ce terrible état laïque français refuse de financer les cultes, il suffit de se faire financer par des entreprises à but social. Le "social business". Ce modèle à vocation à changer la société par le social. C'est écrit dessus en open source. Rien n'est caché. Rien n'est illégal.

Le contrat est clair, argent contre visibilité des actions. Pour changer la société. Introduire des éléments de langage, qui seront commun...au monde. Vers un changement de société. Mais quel changement ?

Il y a quelques exemples. Quelques pièces ici ou là en France. Mais pour ça, il faut revenir à la laïcité. On observe des glissements sémantiques, qui s'imposent comme des éléments de langage dans les médias :

" La laïcité, c'est le vivre ensemble" c'est une des définitions nouvelles de la laïcité. Mais c’est aussi la définition de la coexistence inter convictionnelle de Coexister. C'est juste faux. La laïcité n'est pas le vivre ensemble, mais vivre en France avec ces concitoyens sans se prévaloir de ses convictions.

"La laïcité c'est le fait de croire ou de pas croire" c'est encore faux. La laïcité c'est la liberté de conscience. Encore une fois ce n'est pas lié qu'à la croyance. Les consciences englobant largement, les croyances et la foi, et l'ensemble des philosophie personnelles, incluant le libre choix d'adhérer ou non à une forme de cultes, d'en changer, d'en critiquer avec la raison les formes. Cette réduction est dangereuse et pousse à changer les rapports sociaux.

" Seul l'état est laïque, pas la société" oui l'état est laïque, mais nier la liberté de conscience de chaque concitoyen par cette affirmation est d'autant plus dangereux que ce sont des mots qui sortent directement de la bouche des responsables de l'observatoire de la laïcité et qui constituent le socle de la coexistence.

Mais la coexistence religieuse, est un communautarisme, nouveau et moderne, mais ne relève pas d'une philosophie supérieure à la loi de 1905. Et pourtant ces éléments de langage contribuent à changer en profondeur notre perception de la laïcité, de nos rapports avec nos concitoyens. Et pourtant rien n'est caché tout est en open-source.

Tout ceci n'est que le puzzle de 25 pièces. Français, les pièces commencent à s'assembler. La France étant un pays particulier où la laïcité est un bloc philosophique encore puissant. Il s'oppose à la vision multiculturaliste du monde occidental anglo-saxon. Un modèle opposé au particularisme français au "french sécularism"

Et là, si on cherche, on découvre que la France est une seule pièce de puzzle, dans un puzzle de 2500 pièces. Le social business est une œuvre mondiale qui finance partout des actions sociétales. Pour un changement de société. A la vue de tous, mais par petites pièces. Dans une logique inter convictionnelle, une convergence cultuelle et sociale. Avec des financements d'actions visant à changer la société par petite touche. En open source ! Rien n'est est caché.

Quant à l'observatoire de la laïcité, ici non plus rien est caché, tout est visible. Il est admis que la laïcité version " changement de société" promu par cet organe d'État, laïcité ouverte, laïcité apaisée, s'inscrit dans un pacte mondial de rapprochement de convictions religieuses. Rien n'est caché, tout est visible, en open source.

Même le pape et le référent de la plus grande université islamique s'embrassent aux yeux du monde après une visite d'État du théocrate catholique chez ses confrères salafistes wahhabites de la péninsule. Rien n'est caché, tout est visible, en open source !

Pièce après pièce, le puzzle se remplit. Notre seule chance en France, et ce jusqu'à la dernière pièce, c'est la laïcité. La pièce manquante c'est l'esprit laïque de la société.

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