Pour en finir avec l'article 1er de la Loi de 1905.

Pour en finir avec l'article 1er de la Loi de 1905.

Non, l'article majeur de la loi de 1905 , ce n'est pas " le droit de croire ou de ne pas croire", mais" la République assure la liberté de conscience".

Et ce n'est pas du tout la même chose!

1) " la République assure la liberté de conscience" à l'ensemble des citoyens sans définir de cultes, de croyances, et sans mentionner de religions ou encore de rites. Cet article exclut de fait les mouvements collectifs, pour ne s'attacher qu'à une définition large de la conscience.

2) " la République assure la liberté de conscience" n'impose pas de droits, ni même de devoirs aux citoyens en tant qu’individus, mais place l'organisation républicaine au dessus des consciences pour assurer une liberté universelle et individuelle.

3) "la République assure la liberté de conscience" définit donc le cadre de la société qui ne peut se prévaloir ni d'un conscience particulière, ni d'une organisation des consciences, ni d’une délégation de consciences par les représentants communautaires des consciences.

4) " la République assure la liberté de conscience" définit donc l'Esprit Laïque de la société, en empêchant de définir tout ou partie de la société par une conscience particulière, ou des consciences globales, et permet l'indivision des citoyens sur des bases de croyances ou a-croyance.

On peut donc dire que l'article 1 de la Loi du 9 décembre 1905 ou de la loi de séparation des églises et de l'Etat, (" la République assure la liberté de conscience") n'est pas le droit de croire ou de ne pas croire. C'est un principe philosophique neutre qui assure une liberté totale et individuelle à tout citoyen qui évolue dans une société laïque.

A contrario, dire de l'article 1 de la loi de 1905 qu'il s'agit du "droit de croire ou de ne pas croire" est une réduction manipulatoire.

1) " le droit de croire ou de ne pas croire" : non, l'article 1 de la loi de 1905 ne définit pas un droit mais une liberté. C'est la dimension du droit religieux qui impose cette réduction. Le droit religieux (Charia, Droit canon...) ne permet pas de parler de liberté, puisqu'il s'agit de devoirs face à la communauté de dieux. On ne peut donc pas parler de liberté, mais de devoirs permettant des droits.

2) " le droit de croire ou de ne pas croire", forgé par des propagandistes, remplace régulièrement l'expression littérale de l'article 1 de la loi de 1905, ce qui permet d'associer la pensée collective cultuelle (religion ou croyance collective) à la liberté totale de conscience individuelle.

3) le droit de croire n'est pas une définition acceptable de l'Esprit Laïque de la société. Les promoteurs de ce remplacement sémantique y accolent: "et de ne pas croire" pour permettre un retournement de compréhension et faire accepter " le droit" en lieu et place de " liberté".

4) le droit collectif est juste le contraire d'une liberté individuelle universelle. On voit à l’œuvre ici une doxa chargée de changer la portée d'un texte large et à destination individuelle, pour le rapprocher du " droit religieux" et d'en imposer une conception, non plus philosophique, mais bel et bien à destination d'intérêts particuliers, diviseurs et réducteurs ...collectifs.

L'expression " droit de croire ou de ne pas croire" est donc chargée de définir les consciences, afin de les intégrer dans le droit et d’en imposer la marque dans de futures décisions de justice. Elle pousse à valider l'esprit communautariste du droit religieux, contre la valeur suprême de la République : la liberté de conscience universelle.
Lorsque le président Macron se voit obligé de dire que l'article 1 ("la République assure la liberté de conscience") ne sera pas modifié lors de la réforme prévue de la loi de 1905, mais que parallèlement tous les commentateurs embrayent sur les propos de Jean Louis Bianco, théoricien de l'Observatoire De la Laïcité, qui définit l'article 1 comme étant " le droit de croire ou de ne pas croire", il convient de s'étonner et donc de redéfinir ce qu'est la liberté de conscience.

L'Observatoire De la Laïcité, c’est la voix de l'Etat. C’est un organe républicain. A ce titre il doit " assurer la liberté de conscience" et ne pas promouvoir un droit aliénant la liberté universelle.
Il n'est donc pas étonnant que soit affirmé par Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire, Nicolas Cadène, rapporteur de l'Observatoire, et même par le président Macron que la société n’est pas laïque et que seul l'État l'est.
Tous se positionnent sur une définition de droit qui remplacerait la liberté de conscience qui est par définition une liberté intégrale et universelle.

L'universalisme ne peut être bridé par le droit sous peine de perdre le sens de la liberté.
Il en va ainsi de la liberté de conscience. C'est la seule cible des orthodoxies religieuses et c'est juste en France, parce qu'il n'y a qu'en France que la liberté de conscience est protégée intégralement par la République.

Mais si la République, elle-même, promeut le droit en lieu et place de la liberté, si " la République assure la liberté de conscience" est remplacé par "le droit de croire ou de ne pas croire", c'en est bientôt fini de la République et de la liberté des consciences!

Vous savez.....faites savoir!

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